17 octobre : Retour sur la manifestation, les débordements et la réaction du Maire
Au lendemain d’une soirée et d’une nuit tendues à La Roche-sur-Yon, le maire Romain Bossis prendra la parole ce lundi 19 octobre à 18 heures dans le quartier de La Garenne, marqué par des débordements.
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La situation a été particulièrement tendue dans plusieurs secteurs de La Roche-sur-Yon ce samedi 17 octobre et dans la nuit qui a suivi. Des rassemblements et des incidents ont été signalés dans le centre-ville, avant que des tensions ne se poursuivent dans le quartier de La Garenne.
Notre équipe était présente sur le terrain durant la nuit, au plus près des événements. Des affrontements impliquant des individus présentés comme appartenant à la mouvance black bloc et les forces de l’ordre, notamment des CRS, ont été observés dans le secteur.
Une journée de mobilisation marquée par des blocages
Dès 10 heures, ce samedi 17 octobre, des Gilets jaunes se sont rassemblés au rond-point des Flâneries, à La Roche-sur-Yon. Sur place, les manifestants ont mis en place une opération reposant sur un principe : « un klaxon = le droit d’avancer ». Les automobilistes étaient invités à klaxonner pour pouvoir poursuivre leur route.
Le dispositif a suscité le mécontentement de certains conducteurs, qui ne souhaitaient pas participer à l’opération.
Des tensions verbales ont été signalées, tandis que des files de véhicules se formaient progressivement. L’attente a provoqué des bouchons et l’agacement de plusieurs automobilistes qui se sont mis en dangers en faisant demi tour à sens inverse.
Un rassemblement place de la Vendée, puis place Napoléon
La mobilisation s’est déplacée aux alentours de 15 heures avec un rassemblement place de la Vendée avant de se dirigés vers la place Napoléon, dans le centre-ville.

Le maire attendu à La Garenne ce lundi à 18 heures après un communiqué dans la matinée.
Le maire, Romain Bossis, s'est exprimé ce lundi matin dans un communiqué publié sur Facebook.
Il condamne « avec la plus grande fermeté » les violences commises samedi en marge des manifestations, puis à nouveau la nuit dernière, tout en refusant « tout amalgame ».
Entendre la colère, condamner les violences, défendre la République
Je condamne avec la plus grande fermeté les dégradations, les incendies, les pillages et les violences commis contre les biens publics, les commerces et les personnes samedi en marge des manifestations, et à nouveau la nuit dernière.
Je refuse aussi tout amalgame. Les revendications exprimées par les manifestants, les jeunes, les lycéens et de nombreux citoyens sur les difficultés du quotidien, le coût de la vie ou encore les enjeux liés à l'éducation sont légitimes. Elles méritent d'être entendues et appellent des réponses concrètes de la part des pouvoirs publics. La liberté de manifester, comme la liberté d'expression, sont des droits fondamentaux de notre démocratie. Elles doivent être pleinement garanties.
Il ne faut pas confondre celles et ceux qui manifestent pacifiquement pour faire entendre leurs préoccupations, avec les individus qui profitent de ces rassemblements pour casser et semer le désordre. Ces derniers ne défendent aucune cause. Ils s'attaquent à notre vivre-ensemble, à nos services publics et aux fondements mêmes de notre République.
J'adresse toute ma solidarité aux maires et aux élus des communes dont les bâtiments ont été dégradés ou incendiés, notamment à Limoges, Marseille, Lyon et dans toutes les villes touchées. J'exprime également mon soutien aux commerçants victimes des violences, aux habitants confrontés à ces événements, aux agents des collectivités mobilisés pour assurer la continuité des missions essentielles ainsi qu'à l'ensemble des professionnels blessés dans l'exercice de leurs fonctions. Je salue enfin l'engagement de tous ceux qui ont contribué à protéger les personnes et à rétablir le calme.
Cette exigence de fermeté doit toutefois s'accompagner des moyens nécessaires. L'État doit pleinement prendre ses responsabilités en donnant aux territoires les moyens d'agir, qu'il s'agisse de la sécurité, de l'éducation, de la prévention, de la justice, de la politique de la ville ou encore de l'accès aux services publics.
Il doit également recréer les conditions d'un dialogue social sincère et constructif. Lorsque les espaces de discussion se fragilisent et que le sentiment de ne plus être entendu s'installe durablement, les tensions s'exacerbent. Celles-ci doivent nous interroger collectivement sur les causes profondes du malaise social qui traverse notre pays. La cohésion sociale, la tranquillité publique et l'égalité républicaine ne peuvent être garanties durablement sans un engagement fort et constant de la puissance publique aux côtés des collectivités locales, des associations, des partenaires sociaux et des acteurs de terrain.
C'est pourquoi je participerai ce lundi 19 octobre au rassemblement organisé à 12 heures dans la cour d'honneur du Conseil départemental, à l'appel de l'Association des Maires de Vendée, en soutien aux communes, aux élus, aux habitants, aux commerçants et à l'ensemble des acteurs touchés par ces violences.
À 18 heures ce même jour, un rassemblement solidaire et pacifique se tiendra également dans le quartier de la Garenne à La Roche-sur-Yon, avec les habitants, les associations, les acteurs éducatifs, les commerçants, les bailleurs, les services publics et l'ensemble des partenaires engagés pour le quartier. Ce temps de dialogue et de rassemblement sera l'occasion d'appeler au calme, à l'apaisement et à la responsabilité de chacun.
L'avenir de la Garenne, comme celui de tous nos quartiers, se construit par l'action, la présence publique et le dialogue. Nous poursuivrons avec détermination les projets engagés en faveur de la prévention, du lien social, du commerce de proximité, des services publics, de l'accès aux soins, de la réussite éducative, de la culture et de l'accompagnement de la jeunesse.
Notre réponse doit être celle de la République : la Liberté de s'exprimer et de manifester dans le respect, l'Égalité de l'accès aux droits et aux services publics, et la Fraternité qui nous permet de rester unis malgré nos différences.
Le maire s'exprimera de nouveau ce lundi soir à 18 h devant les commerces du quartier.
